L’été s’en va à grands pas et il est temps pour nous de retourner à l’école.
Il fait un peu frisquet ce matin et j’ai revêtu sous ma blouse d’écolière,
le nouveau pull-over que maman m’avait tricoté. J'ai juste le temps de mettre ma petite veste,
de prendre mon cartable un peu usé et je descends à toute vitesse les escaliers de l'immeuble
pour rejoindre mes copines sur le chemin de l’école situé à environ 2 kilomètres.

Aucun d’entre nous, garçon ou fille, ne porte de vêtements de prix,
juste les choses essentielles pour nous couvrir correctement.
Par contre ma grand-mère me cousait toujours de si jolis tabliers
que j'étais toujours très fière de porter et en été,
maman ajoutait aussi un très joli nœud dans mes cheveux bouclés...

Le grand établissement, tout en longueur, a 2 entrées :
La première pour les filles et à l’autre bout, celle des garçons.
Eh oui, l’école communale mixte n’était pas encore d’actualité dans ma jeunesse !

Une grande cour nous sépare du portail d’entrée.
Elle est partagée en deux par une ligne imaginaire.
L’espace de gauche était réservé aux filles des petites classes et celui de droite aux grandes.
C’est là que nous attendons la sonnerie stridente qui annoncera le moment de se mettre en rang.
La deuxième sonnerie retentit et les petites entrent en premier puis c’est au tour des grandes.
Nous traversons d’abord le grand préau avant de rejoindre nos classes.
Les plus jeunes restent au rez-de-chaussée et les grandes vont à l'étage.
Pour y accéder, on monte un énorme escalier qui se sépare à mi-hauteur et l’on peut voir
certaines demoiselles partir vers la droite et les autres vers la gauche.
Au point de séparation se trouve une porte, toujours fermée à clef,
qui relie l’école des filles à celle des garçons.

Toutes les classes se ressemblent avec des pupitres de bois prévus pour 2,
bien alignés l’un derrière l’autre sur 3 rangs tandis que le bureau de la maîtresse était placé
sur une estrade afin de mieux nous surveiller hi hi hi.
Au mur sont épinglées des cartes de géographie et une grande armoire renferme le matériel
que la maîtresse utilise pour certaines matières.

Un grand tableau noir, sur pieds, se trouve à droite en entrant.
En le faisant pivoter, on pouvait aussi bien écrire devant que derrière
et en le poussant vers le haut, il y avait encore 2 autres espaces de travail.

Assises bien sagement sur nos sièges, nous sortons notre trousse du cartable
ainsi que le petit sac en tissu que nos mamans avaient cousu et dans lequel se trouvent
les petites bûchettes pour le calcul et qui ferme grâce à un grand cordon coulissant.

Pour les exercices, nous utilisons un crayon de papier pour écrire dans le cahier de brouillon.
Dans le cahier du jour, l’utilisation du porte-plume est obligatoire.
Il n’y a pas de cartouche d’encre dans le nôtre.
On le trempe dans un encrier encastré dans le trou du pupitre pour écrire
et ensuite on appuie avec un buvard sur la page du cahier pour faire sécher.
On avait souvent le bout des doigts taché hi hi hi mais
il fallait faire très attention à la tenue du cahier sinon gare…

Une fois par mois, c’est le moment d’écrire dans le cahier mensuel.
Là, cela devenait sérieux car les notes qui apparaîtront dans ce dernier compteront
pour le carnet de notes à faire signer par les parents.
Il devait être impeccablement tenu et sans aucune rature.
C’était LE cahier, avec son protège-cahier rouge, qui nous donnait des sueurs froides ha ha ha.
Je me souviens aussi vaguement des frises de couleurs
que nous devions reproduire dans nos cahiers…

La maîtresse corrige nos fautes de son encre rouge.
Les bonnes élèves reçoivent des bons points tandis que les perturbatrices
des coups de règles sur la paume de la main et même sur les doigts joints.
Le pire c’est la fessée déculottée devant tout le monde.
Pas question d’aller se plaindre ensuite auprès de nos parents puisqu'on savait très bien
qu’on risquait aussi une deuxième fessée de leur part.
Eh oui, j’ai bien l’impression que parents et maîtresses étaient de connivence…

A l’heure de la récréation et quand le temps était au beau,
nous allons dans la cour jouer à la corde, à la balle,
à la marelle où encore à l’élastique.
Il y avait aussi un jeu que j’aimais particulièrement
avec un morceau de laine noué ensemble au deux bouts.
Il se pratique de préférence à deux et grâce à des manipulations avec les doigts,
il passe de mains en mains en prenant des formes différentes.

Quand il pleuvait, nous restons sous le grand préau et nous nous promenons
de long en large en mangeant le casse-croûte que maman avait ajouté dans notre cartable.

Il y a école tous les matins et après-midi sauf le jeudi et le dimanche.
Les leçons d’histoire et de géographie sont à apprendre par cœur en plus de la poésie.
Il fallait même savoir le nom de tous les départements français avec leur numéro…

Le mois de l'année que je préférais était décembre.
Dans ma région on fête la St Nicolas le 6 et quelques jours avant Noël,
chaque classe reçoit un grand sapin à garnir.
Ce qui m’a toujours un peu chiffonné,
c’est qu’il n’y avait pas de jolies histoires de Noël dans nos livres de lecture.
Par contre nous lisons un texte sur les étrennes
qui sont les cadeaux que les gens se font le jour de l’an.

Les trajets maison-école et retour se font presque toujours à pied et par tous les temps.
Nos parents ne prennent la voiture que par nécessité.
Nous avons de bonnes jambes alors nous pouvons marcher !
Quand il pleut nous portons de grandes capes en tissu caoutchouté
avec 2 fentes de part et d’autre pour pouvoir sortir nos mains.
On était bien protégé ainsi accoutré et cela convenait aussi bien aux garçons qu’aux filles.

Sur le chemin de l'école, d'un côté de la route il y avait l'hôpital et en face notre église.
En passant devant l'édifice religieux, nous n'oublions pas
le signe de la croix que nos parents nous avaient appris à faire

A côté de l'église, était installée une longue baraque verte qui s’ouvrait à l’avant
et qui faisait office de long comptoir bien achalandé en friandises de toutes sortes.
Il faut alors nous voir baver littéralement devant de vrais bâtons de réglisse à mâchouiller,
les carambars ou les sachets de poudre qui pétille dans la bouche.
Quand nos parents nous donnaient une petite pièce, c’est là que nous dépensons
le peu que nous avons en poche et nous sommes alors heureux comme des rois.

Une fois par an, c’est le grand moment de la photo de classe
ce qui était un joyeux intermède dans une journée bien réglée.
Une autre fois, c’était au tour des policiers de venir nous visiter.
Ils traçaient alors un circuit sur le sol qu’il fallait parcourir dans une voiture à pédale,
ou sur un petit vélo, en respectant bien sûr les panneaux.
Celles qui réussissaient le test recevaient le fameux permis
et bien sûr nous espérions toutes le décrocher…

Il y avait aussi la visite médicale... il fallait faire pipi sur une petite languette spéciale
ce qui nous faisait toujours bien rire dans les toilettes.
Par contre, en file indienne, nous attendons avec appréhension, chacune notre tour,
de nous faire vacciner.

Les séances de cinéma à l'école ont lieu dans une salle de l’école des garçons
car le matériel pour visionner les films était commun.
Ce sont les seules fois où nous passions cette fameuse porte en haut du grand escalier
et nous pouvions alors constater que l’autre côté était l’exacte réplique de chez nous.

La fin de l’année scolaire se termine toujours par la même cérémonie.
Toutes les élèves sont réunies en rangs, dans le grand préau,
en compagnie des maîtresses et de la directrice.
Cette dernière cite les 3 meilleures élèves de chaque classe qui reçoivent en cadeau un livre
choisi en fonction de l’âge mais aussi de la place qu’elle occupe dans le classement.
Malheureusement je n’ai jamais eu l’honneur d’être citée hi hi hi
car il y avait toujours meilleure que moi
et c’est avec beaucoup d’envie que je lorgnais
sur les récompenses qui me paraissent bien hors de portée.

   
Malgré la sévérité de l’époque, je garde un souvenir attendri
de cette période bénie de mon enfance !

(Manon)

   

Pour le jeu de la ficelle, allez voir à cette page sur Wikipédia.

   

   

Je ne peux terminer cette page souvenirs sans vous montrer des poupées de papier
encore une fois trouvées chez Teri Pettit, mais à cette adresse cette fois-ci...

   

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Rappelez-vous, je vous en avais déjà parlé ici et !